PÉTROLE DE SÈMÈ :

le Bénin prépare une première cargaison de 250 000 barils après près de trois décennies d’arrêt

Publié le : 24 sept. 2026 à 12:09
Conservez l'article en pdf. Telecharger l'article

Après près de 28 ans d’interruption, le pétrole brut du champ offshore de Sèmè s’apprête à retrouver le marché international. Une première cargaison d’environ 250 000 barils est annoncée pour octobre 2026. Au-delà du symbole, cette opération marque une nouvelle étape pour l’industrie pétrolière béninoise, dont la production reste toutefois encore limitée.

Le Bénin se prépare à tourner une nouvelle page de son histoire pétrolière. À partir d’octobre 2026, une première cargaison d’environ 250 000 barils de pétrole brut produit sur le champ offshore de Sèmè doit être commercialisée sur le marché international. L’annonce, rapportée par le quotidien de service public La Nation, intervient après la reprise de la production sur ce gisement historique.

Cette opération est conduite par Akrake Petroleum Benin, filiale de Lime Petroleum Holding, elle-même contrôlée par le groupe singapourien Rex International Holding. La société est l’opérateur du Bloc 1, qui abrite le champ de Sèmè, au large du sud-est du Bénin. Le contrat prévoit une participation de 15 % pour l’État béninois, 9 % pour Octogone E&P et 76 % pour Akrake après la participation de l’État.

 

Sèmè, un ancien champ remis en production

Le retour du pétrole de Sèmè sur le marché ne correspond pas à la découverte d'un nouveau gisement. Le champ possède déjà une longue histoire pétrolière. Exploité une première fois entre 1982 et 1998, il avait produit environ 22 millions de barils avant l'arrêt de la production. Le redéveloppement actuel vise donc à remettre en exploitation une ressource déjà connue, grâce à de nouvelles techniques et à de nouveaux investissements.

La relance a connu une étape importante en 2026 avec le forage d'un nouveau puits de production. En février, Akrake Petroleum a annoncé l'achèvement du puits AK-2H sur le champ de Sèmè. Le forage horizontal a notamment permis de traverser une importante section du réservoir pétrolifère.

La production effective a ensuite démarré en mars 2026. Elle se situe actuellement autour de 3 000 barils par jour, selon les informations rapportées par La Nation. L'opérateur envisage une progression vers 5 000 à 6 000 barils par jour à mesure que le développement du champ se poursuit.

 

250 000 barils : un premier test commercial

Cette première commercialisation constitue une étape de lancement qu'une démonstration d'une production pétrolière à grande échelle. Les niveaux actuellement observés restent en effet inférieurs aux projections initiales du projet.

Cette différence entre les ambitions initiales et la production actuelle s'explique notamment par les difficultés rencontrées au cours du développement du champ. Le premier forage réalisé dans cette nouvelle phase n'avait pas atteint la cible recherchée, avant que le deuxième puits permette de relancer effectivement la production.

 

Un retour sur le marché international

Avec cette première cargaison, le Bénin ne se contente plus de relancer une production nationale : il franchit une nouvelle étape vers la commercialisation internationale de son brut.

Le contexte est toutefois différent de celui des précédentes opérations pétrolières réalisées à Sèmè-Kpodji. Le terminal béninois a notamment servi à l'exportation du pétrole brut nigérien. La cargaison annoncée pour octobre concerne, elle, du pétrole extrait du sous-sol maritime béninois, sur le champ de Sèmè.

Cette distinction est importante pour comprendre la portée de l'opération : le Bénin s'apprête à commercialiser sur le marché international une production provenant directement de ses propres ressources pétrolières.

 

Quelles retombées pour l'économie béninoise ?

La reprise de Sèmè ouvre potentiellement une nouvelle source de revenus pour l'État et pour l'économie nationale. Mais les premières cargaisons ne permettent pas encore de mesurer précisément l'impact financier du projet.

Les recettes publiques dépendront notamment du niveau de production, du prix auquel le brut sera vendu, des coûts de production et des mécanismes prévus dans le contrat de partage de production.

L'enjeu pour le Bénin sera donc moins le volume d'une première cargaison que la capacité à maintenir et à accroître durablement la production.

Le rapport technique indépendant publié pour le projet fournit par ailleurs des estimations de réserves et de ressources qui montrent que le potentiel du champ reste à développer. Le défi consiste désormais à transformer ce potentiel géologique en production régulière et économiquement rentable.

 

Une nouvelle séquence pour le pétrole béninois

Près de trois décennies après l'arrêt de l'exploitation de Sèmè, le Bénin revient donc progressivement sur le marché du pétrole brut. La cargaison de 250 000 barils attendue en octobre 2026 constitue la première concrétisation commerciale de cette nouvelle phase.

Pour l'heure, le pays reste un producteur de volumes relativement modestes. Mais la montée en puissance annoncée vers 5 000 à 6 000 barils par jour pourrait changer progressivement l'échelle du projet.

La véritable mesure de cette renaissance pétrolière se jouera ainsi dans la durée : maintenir la production, confirmer les réserves exploitables, améliorer les volumes et convertir les revenus du pétrole en valeur durable pour l'économie béninoise.

 

PUBLICTE DUC
PUBLICITE

De la même catégorie Economie

PUBLICTE DUC
PUBLICITE
PUBLICTE DUC
PUBLICITE